Journal de Bord

12/08/2017: Le départ de la maison

Ça y est, on a quitté notre maison des Avenières! La locataire s’est installée. Elle emménage tandis qu’on charge à l’intérieur de la remorque toutes nos affaires stockées dans le garage. Ce n’est pas une mince affaire: tout doit rentrer et la place est comptée car nous n’avons plus le trafic. Au final, notre garage « garde-meuble »sera rempli ras la gueule, on peut en dire autant de la remorque et de notre petite Sandero Dacia. Heureusement que les enfants sont déjà aux Neyris chez les grands-parents car on n’aurait pas pu les embarquer!

On n’arrive pas encore à réaliser que c’est là un premier largage d’amarres. Ces deux derniers mois passés ici ont été intenses avec  les travaux à terminer dans la maison, la mise en location, la vente du camion, de la grue…, le tri, la préparation de nos affaires et le déménagement. Chaque minute fut comptée et on a trimé jusqu’au dernier moment pour finaliser les aménagements qu’on s’était fixés de faire au niveau de l’habitation: terminer le bardage, fixer les plinthes, peindre les WC, étaler le concassé sur le chemin d’accès et la terrasse, mettre en place l’escalier intérieur et enfin clôturer le terrain avec l’installation d’un portail qu’on terminera seulement le jour de notre départ!

On ne remerciera jamais assez les copains qui nous ont apporté leur aide pour mener à bien ces tâches ardues.

La fatigue, l’émotion des « au-revoir », le départ de la maison, font que je suis un peu ébranlée psychologiquement, mais ça passera rapidement avec la chaleur de l’accueil de Sophie qui nous hébergera les deux dernières nuits passées aux Avenières.

En route pour Port-Saint-Louis du Rhône où nous attend notre catamaran de 38 pieds! Et oui, il va falloir passer d’un lieu de vie d’une surface de 170 m2 à un espace de 11m60 de long sur 6m30 de large.

On sait aussi que là-bas nous attend un autre type de labeur pour préparer le bateau au grand voyage…

Céline

14/08 – 14/09/2017: Les préparatifs

Il est beau notre bateau, bien équipé par les propriétaires précédents qui devaient voyager dessus jusqu’en Polynésie – s’il n’y avait pas eu cette obligation de retour liée à la détection d’anévrismes chez Rosemonde. Ainsi va la vie… (Au final, après opération, on les recroisera en mer sur le chemin du départ, à bord d’un Bavaria 38)

Panneaux solaires, éolienne, radar, parc de batteries… On a bien affaire à un voilier de grand voyage, mais on prévoit tout de même quelques travaux supplémentaires pour l’adapter à notre famille de 5.

Au programme, le gros point, c’est l’installation d’un dessalinisateur pour être autonome au niveau de notre production d’eau. On sait déjà qu’on limitera au maximum les escales dans les marinas car c’est cher pour les catamarans et pas toujours plaisant. L’approvisionnement en eau consistera donc la plupart du temps, à puiser et filtrer l’eau de mer par un passe-coque. Olivier se charge de faire le trou et de trouver l’emplacement pour la machine. Le vendeur viendra quelques jours avant la mise à l’eau du bateau pour faire la mise en service et vérifier l’installation. Ouf!… Le contrôle effectué, tout fonctionne parfaitement.

On ne regrette pas d’avoir choisi ce professionnel rencontré à l’occasion du salon des multicoques à la Grande Motte. Tout le contraire du « bling bling » de ces plateformes de vente ultra friquées: c’est un personnage humble qui a bien baroudé et connaît parfaitement ce qu’il vend. Rapidement, lors de la préparation de notre projet, on prendra la mesure de cette dichotomie qui traverse le monde du nautisme, partagé entre terrain d’aventures et lieu d’investissements financiers outranciers. Olivier garde un souvenir ému d’une quinquagénaire italienne faisant un caprice à son mari pour qu’il achète le catamaran d’1 million d’euros qu’ils venaient de visiter.

Pour finir, on passera tout de même un mois à peaufiner la préparation du bateau car même si l’expertise nous confirme que tout est en ordre( motorisation, haubanage, coque, gréement dormant…) il reste toujours des bricoles à changer ou à adapter. Pour nous ce sera des poulies, taquets, drisses, cadènes, lignes de vie, et tout cela évidemment, représente un coût non négligeable. Il faut aussi s’occuper de l’électronique – indispensable à la navigation moderne –  et se poser la question cruciale des outils de réception grib météo, cartographie et routage qu’on veut adopter, sachant que rien n’est compatible entre PC et Tablette et que tout est fait pour que tu dépenses toujours plus. Un vrai casse-tête…

Enfin, pour la touche de confort, je décide de repeindre les cabines des enfants. Ça mettra beaucoup plus de temps que prévu. C’est qu’il y a plein de recoins dans un bateau! Mais je ne regrette pas, ce sera tout de même le lieu de vie des enfants pendant un certain temps…

Céline

13/08/2017: Le départ

 

09/11/2017 (Rabat – Maroc)

Depuis 8 jours, nous guettons la météo afin de choisir le bon moment pour sortir de la méditerranée. Ce n’est pas une mince affaire car nous devons faire coïncider différents paramètres :

  • le vent qui doit venir de l’Est pour nous pousser vers l’Atlantique et vers Rabat notre destination
  • l’heure de la marée qui implique un courant dans un sens ou dans l’autre dans le détroit. Le mieux étant que le courant nous pousse vers la sortie de la Méditerranée.
  • la durée du trajet entre Gibraltar et Rabat pour entrer au port de jour et sans houle

Nous sommes arrivés à La Linea de la Conception (le mouillage est coté espagnol à coté de Gibraltar qui est une enclave anglaise) le vendredi 29 Octobre en pensant sortir le dimanche31 ou le lundi 1er. La météo en a décidé autrement. Et une fenêtre s’ouvre pour le lundi 06 novembre.

Le départ est fixé à minuit. le temps d’une courte sieste après avoir couché les nains, et on lève l’ancre.

Zut, la vitesse est à 000 sur notre afficheur speedo.

Retour au mouillage et bain de minuit forcé (non pas tout nu, l’eau est trop froide et les poissons y … dedans) pour aller voir sous le bateau si la petite hélice qui doit nous donner notre vitesse fonctionne correctement.

Vérification faite tout va bien quand je fais tourner l’hélice à la main, la vitesse apparait, donc on lève l’ancre à nouveau en direction du détroit et son « rail »(zone de séparation du trafic maritime). Les navires entrant en méditerranée suivent la côte africaine et ceux qui sortent la côte espagnole.

Il faudra bien couper, à un moment ou à un autre, cette « autoroute de cargos » pour prendre la direction de Rabat.

La sortie du détroit est un peu plus musclée que le début et nous prenons un ris dans les voiles (on diminue leur surface). Et après avoir passé le Cap Spartel, le vent diminue à nouveau.

Il diminue à tel point que nous sortons le spi. Cette grande voile toute ronde à l’avant du bateau. Elle nous permet d’avancer avec le vent venant de l’arrière du bateau et nous propulse à une vitesse un peu supérieure (3 nœuds au lieu de 2…). Mais on a pris le parti de ne pas mettre le moteur tant que l’on avance dans la bonne direction même à très faible vitesse.

Vers 11h, je m’aperçois que des détritus nous suivent. Trois bidons blanc et un jaune avec un cordage au bout. Le temps que l’information remonte à mon cerveau, je me rappelle la mise en garde de Rose-Monde : « le long des côtes africaines, il y a des filets dérivants ». On est à plus de 10 miles des côtes et on en trouve encore! Ni une ni deux on affale les voiles et rebelote un bain « de midi » cette fois pour retirer sans difficulté le bout coincé dans notre safran. On remet les voiles.

L’après-midi : repas, école pour les enfants, sieste. Et les quarts nuit reprennent. Nous restons éveillés par tranche de 2h30 pour garder le bon cap, régler les voiles en fonction du vent et surveiller les bateaux que l’on croise.

Au petit matin, le vent tombe totalement nous obligeant à finir au moteur les 4 miles nautiques qui nous séparent de Rabat.

Arrivée à Rabat

A 8h00 nous suivons le zodiac des agents du port qui nous guide vers la capitainerie.

8h30 : Rabat nous voilà.

Olivier

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